Chaque 27 mai, la Guadeloupe se tient face à son histoire. Non pour rester prisonnière de la douleur, ni pour rouvrir des blessures sans horizon, mais pour regarder son passé avec vérité, honorer celles et ceux que l’esclavage a voulu réduire au silence.
Le 27 mai 1848 est la date de la seconde abolition l’abolition de l’esclavage en Guadeloupe.
178 ans après et comme chaque année, la collectivité départementale s’attache à faire de cette date une journée commémorative de la libération de ceux de nos ancêtres qui ont été réduits en esclavage.
La traite négrière et l’esclavage colonial sont un crime contre l’humanité. Ils ont arraché des femmes et des hommes à leur terre, à leur langue, à leur nom, à leur dignité.
En Guadeloupe, cette histoire n’est pas lointaine : elle traverse encore nos mémoires, nos familles et nos paysages.
Se souvenir, ce n’est pas entretenir une douleur immobile.
C’est refuser l’effacement.
C’est comprendre le passé pour mieux combattre, aujourd’hui encore, le racisme, les inégalités et les injustices.
Mais cette histoire est aussi celle de la résistance, du courage et de la dignité.
De Delgrès, Ignace, la Mulatresse Solitude… et de tant d’autres femmes et hommes dont les noms ne nous sont pas tous parvenus.
À ce titre, cette année, le Président Guy Losbar a tenu à rendre hommage à Lucile, mère de deux enfants, réduite en esclavage à l’habitation La Mahaudière, à Campêche. Pendant 22 mois, elle fut enfermée, enchaînée. Mais dans l’obscurité, elle a tenu bon. Sa mémoire nous oblige.
Cette journée est un moment de responsabilité collective.
La Guadeloupe porte un patrimoine mémoriel exceptionnel, encore trop silencieux. Le Département Guadeloupe a le devoir de le faire vivre, de le transmettre et de le transformer en connaissance, en dignité et en lien.
C’est le sens des actions engagées : restauration des lieux de mémoire, travaux scientifiques, valorisation des sites historiques, développement d’une véritable transmission éducative et culturelle.
C’est justement ce dont il est question avec la 2e édition du colloque « Réparer la Mémoire », intitulée Au nom de Lucile, qui se tien les 28 et 29 mai 2026, de 9h à 17h, à l’Habitation La Mahaudière, à Campêche, à Anse-Bertrand.
Ce rendez-vous scientifique, culturel et citoyen poursuit un objectif majeur : valoriser, restaurer et transmettre les lieux de mémoire liés à la traite négrière et à l’esclavage colonial.
Une mémoire mal transmise fragilise. Une mémoire transmise avec rigueur et courage renforce une société.
Le 27 mai n’est pas seulement une date. C’est un rendez-vous avec notre conscience collective.
Se souvenir avec vérité, réparer avec exigence, transmettre avec courage.

