Crise sociale : les élus de Guadeloupe portent des demandes communes et appellent au dialogue

Publié le 23 octobre 2026
Crise sociale : les élus de Guadeloupe portent des demandes communes et appellent au dialogue Les présidents du conseil régional, du conseil départemental, les parlementaires, les présidents des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), de l’Association des maires et des maires de Guadeloupe se sont réunis, à leur demande, ce jeudi 22 octobre 2026, avec […]

Crise sociale : les élus de Guadeloupe portent des demandes communes et appellent au dialogue

Les présidents du conseil régional, du conseil départemental, les parlementaires, les présidents des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), de l’Association des maires et des maires de Guadeloupe se sont réunis, à leur demande, ce jeudi 22 octobre 2026, avec le préfet de région, afin d’examiner, dans le contexte de la crise sociale que traverse le territoire, les leviers susceptibles de favoriser une sortie de crise.

À l’issue de cette rencontre, les élus ont arrêté des positions communes articulées autour de deux grands axes : des revendications prioritaires adressées au Gouvernement et un appel à l’ouverture immédiate des négociations.

1. Relayer au Gouvernement les demandes des élus

Carburants : juguler toute augmentation à venir

S’agissant de la lutte contre la vie chère, et plus particulièrement de la baisse des prix des carburants, les élus ont rappelé que la fiscalité locale applicable à ces produits repose sur trois principales composantes : l’octroi de mer, l’octroi de mer régional et la taxe sur les carburants.

À cet égard, ils ont précisé que cette fiscalité locale est déjà sensiblement inférieure à celle en vigueur dans l’Hexagone.

Voir en annexe la décomposition des prix des carburants en Guadeloupe et dans l’Hexagone.

Les élus ont demandé au préfet, représentant de l’État en Guadeloupe, de relayer aux membres du Gouvernement les demandes suivantes :

            • Bloquer par décret, à titre exceptionnel comme le permet la loi, les prix de l’essence à la pompe.
            • Permettre à la Guadeloupe de s’approvisionner en carburant à un prix moindre auprès d’autres territoires, comme c’est déjà le cas à Saint-Martin.
            • Agir de façon énergique pour revoir à la baisse les marges de la SARA.
            • Neutraliser les certificats d’économie d’énergie, dont le coût représente une part significative du prix à la pompe.

Par ailleurs, les élus se déclarent favorables à une réduction éventuelle de la fiscalité locale, sous réserve que les pertes de recettes qui en résulteraient pour les collectivités territoriales soient intégralement compensées par des financements de l’État, afin de préserver leurs capacités d’action et de maintenir le niveau des services rendus à la population.

Eau : réhabiliter le réseau et financer les investissements

En complément du démarrage du plan de détection et de résorption des fuites pour atteindre, à compter de 2027, 10 000 fuites par an, il est demandé au préfet :

            • D’activer la mise en place de l’Opération d’intérêt national (OIN) sollicitée par les élus dans le droit fil des résolutions du congrès, afin de réhabiliter l’intégralité du réseau d’eau potable de la Guadeloupe.
            • De permettre aux EPCI et aux communes de porter certains investissements en maîtrise d’ouvrage déléguée.
            • D’exiger de l’État qu’il finance à hauteur de 50 % la dotation d’amorçage de 45 M€ nécessaire à la création de la régie Archipel’Eau.

Entreprises et BTP : un plan d’urgence face au risque de faillites massives

Face à l’explosion des défaillances d’entreprises (+29 % sur un an selon l’IEDOM) et à l’incapacité de nombreuses structures — notamment du BTP — à honorer leurs charges, les élus réitèrent leur appel au chef de l’État et au Premier ministre.

Ils demandent l’intégration dans le budget 2027 d’un dispositif d’urgence d’un an, sur le modèle des plans post-crise comme LODEOM ou post-Irma, comprenant :

            • L’arrêt immédiat des poursuites et assignations de la CGSS, afin de permettre le réexamen de la situation des entreprises et des travailleurs indépendants.
            • Un moratoire sur le recouvrement forcé des dettes fiscales et sociales, avec suspension des poursuites, des majorations et des intérêts de retard.
            • Des plans d’apurement adaptés, avec possibilité de remise des pénalités et intérêts, selon la situation de chaque entreprise et sous condition de viabilité.
            • Un dispositif simple et rapidement opérationnel, porté par les services de l’État et les organismes de sécurité sociale, assorti d’un suivi et d’une évaluation.
            • La mise en œuvre d’un dispositif de cession de créances exigibles des entreprises, pour le règlement par le donneur d’ordre des créances sociales et fiscales.

2. Ouvrir sans délai le dialogue avec le collectif

Certaines méthodes restreignent la liberté de circuler des Guadeloupéens et impactent aujourd’hui l’économie de la Guadeloupe. Des débordements inacceptables se sont produits, et les élus les condamnent de manière unanime.

Dans une volonté de renouer le dialogue et de restaurer un climat d’apaisement, un certain nombre d’élus ont demandé au préfet de recevoir une délégation du collectif « Nou Las Palé », afin de privilégier des concertations plus larges et de permettre un échange direct sur les revendications exprimées et les réponses à y apporter.

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